Entre Flandre française et Artois, la Brasserie du Pays Flamand est née en novembre 2006 de l’association de deux amis d’enfance, Olivier Duthoit et Mathieu Lesenne. Installée d’abord dans une ancienne distillerie à Blaringhem, elle s’appuie désormais aussi sur un site de production à Merville. Son identité tient dans l’équilibre entre rondeur flamande, fermentation haute et expression du houblon.
La gamme Anosteké, lancée en 2011, en est l’emblème, de la blonde aux déclinaisons IPA, NEIPA et Saison. Les bières Bracine prolongent les premières recettes de la maison, tandis que Wilde Leeuw explore notamment l’élevage en fûts et que La Fière est issue d’un travail avec Florent Ladeyn. Une sélection qui permet de passer d’une bière blonde aromatique à des profils plus boisés, houblonnés ou corsés.
Il y a d’abord un lieu : une ancienne distillerie de Blaringhem, choisie en 2006 par deux amis d’enfance originaires d’Hazebrouck. Olivier Duthoit, ingénieur spécialisé dans la fermentation formé à Louvain, et Mathieu Lesenne, ancien banquier reconverti dans l’entrepreneuriat, y fondent la Brasserie du Pays Flamand en novembre 2006. Le bâtiment rattache immédiatement leur projet à une histoire industrielle locale, tout en laissant place à une approche brassicole contemporaine.
Le développement de la maison conduit ensuite à l’ouverture d’un second site à Merville. Son équipement de production de 40 hectolitres accompagne l’essor des bières de la brasserie, tandis que Blaringhem conserve un rôle particulier pour les brassins one shot. Cette répartition distingue les deux implantations sans opposer patrimoine et capacité de production : l’une conserve le lien avec le site historique, l’autre répond aux besoins d’une gamme installée.
La ligne brassicole repose sur une tension intéressante. D’un côté, la tradition flamande apporte de la rondeur et une certaine générosité de texture ; de l’autre, la fermentation haute et le travail du houblon orientent les recettes vers des profils plus expressifs. La brasserie s’inscrit ainsi dans un courant hop-forward, sans abandonner les repères gustatifs de son territoire.
Cette recherche passe d’abord par les matières premières. Les malts et les houblons font l’objet d’une attention particulière, avec des variétés locales utilisées pour l’amertume et des apports aromatiques internationaux, comme le Simcoe. Le résultat se lit dans des bières capables de conjuguer une base maltée souple avec des notes plus franches d’agrumes, de fleurs ou de résine selon les recettes.
La Brasserie du Pays Flamand a également développé un esprit collaboratif. Des brassins éphémères ont été menés avec des brasseurs français et étrangers, parmi lesquels Sambrook’s Brewery à Londres et la Brasserie de la Pleine Lune. Ces collaborations servent de terrain d’expérimentation et élargissent le vocabulaire aromatique de la maison, au-delà des références permanentes.
Le même mouvement se retrouve dans la place accordée aux cuvées ponctuelles. Le site de Blaringhem, associé aux one shot, permet de faire varier les ingrédients, les équilibres et les profils sans perdre le fil conducteur de la brasserie : une fermentation haute maîtrisée, une matière maltée présente et un houblon lisible.
Lancée en 2011, Anosteké est devenue la gamme étendard de la brasserie. Son nom reprend une expression flamande qui signifie « à la prochaine », une formule de convivialité directement liée à la culture régionale. L’Anosteké Blonde, en fermentation haute, s’exprime sur des notes d’agrumes et de fleurs ; elle constitue une porte d’entrée claire vers le style de la maison, entre fraîcheur aromatique et rondeur.
La gamme se décline également en IPA, NEIPA, Saison et éditions plus corsées. Pour goûter le travail du houblon de façon plus marquée, ces variations permettent de comparer l’intensité aromatique, l’amertume et la texture d’une recette à l’autre. Une Saison apportera un profil plus sec et vif, tandis que les versions plus fortes prolongeront davantage la présence du malt et de l’alcool.
Avec Bracine, la brasserie revient à ses racines. Le nom est formé par contraction de « brassin » et « racine » ; la ligne a été élaborée à l’origine à la microbrasserie de l’ISA en 2006. Blonde, Triple, Ambrée et Porter composent cette famille historique, qui permet de parcourir plusieurs expressions maltées, de la souplesse d’une blonde à la profondeur d’un Porter.
Lancée en 2016 sous l’impulsion de Clément Thimonier, Wilde Leeuw introduit une dimension de garde et d’élevage. Certaines cuvées sont vieillies en fûts de Bourgogne, de Bourbon, de Sauternes ou de cognac dans un chai dédié. Le bois et l’ancien contenant déplacent alors la dégustation vers des notes plus complexes, à réserver aux amateurs de bières de caractère et de profils évolutifs.
La Fière est née d’une collaboration avec le Gallodrome et le chef Florent Ladeyn. Cette gamme repose sur une triple houblonnée, mais plus légère en alcool que ce que le style pourrait laisser attendre. Elle offre ainsi un autre point de rencontre entre intensité aromatique, identité régionale et recherche d’un équilibre plus accessible à table.
Le palmarès de la brasserie s’est construit tôt. En 2009, la Bracine reçoit une médaille d’or au Concours Général Agricole. Plus tard, l’Anosteké Blonde est sacrée « Meilleure bière blonde du monde » lors des World Beer Awards, une distinction qui a contribué à faire connaître la signature du Pays Flamand bien au-delà du Nord.
Ces récompenses ne résument pas la gamme. Elles éclairent plutôt la complémentarité entre une blonde aromatique devenue emblématique, des bières historiques comme Bracine, des recettes orientées houblon et des cuvées élevées en fût. Pour commencer, l’Anosteké Blonde permet de saisir l’équilibre général ; les IPA, NEIPA et Saisons montrent ensuite ses variations, avant de passer aux bières plus puissantes ou boisées.
« Anosteké » signifie « à la prochaine » dans une expression flamande. Le nom inscrit la gamme dans la culture de la Flandre française et traduit l’idée de convivialité qui accompagne les bières de la maison.
Les cuvées Wilde Leeuw vieillies en fûts de Bourgogne, de Bourbon, de Sauternes ou de cognac développent une expression différente des bières simplement conditionnées en cuve. Le contenant apporte une dimension boisée et des nuances liées à l’ancien contenu du fût ; ces bières se prêtent donc à une dégustation plus lente.
Blaringhem est le site historique, installé dans une ancienne distillerie, et accueille les brassins one shot. Merville dispose d’un équipement de production de 40 hectolitres et accompagne la fabrication des gammes développées par la brasserie.
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