Au pied du massif de Ben Rinnes, à Aberlour dans le Speyside, cette distillerie de malt produit du single malt écossais à partir d’orge maltée non tourbée et d’eau captée dans les ruisseaux de la montagne. Fondée en 1826 à Whitehouse Farm, détruite par une inondation puis reconstruite à Lyne of Ruthrie en 1835, elle porte encore la trace de cette histoire mouvementée.
Benrinnes travaille avec six alambics en cuivre et des condenseurs traditionnels à serpentins, les worm tubs, qui contribuent à un new make lourd, riche, poivré et viandé. Une grande partie de sa production entre dans les assemblages de Diageo, tandis que le Benrinnes 15 ans de la gamme Flora & Fauna constitue son embouteillage officiel permanent. Les versions indépendantes, souvent proposées en single cask ou à brut de fût, permettent de comparer ses élevages et ses degrés de sortie.
À Aberlour, dans le comté de Moray, la distillerie Benrinnes se trouve au pied et sur le flanc nord du massif de Ben Rinnes, à environ 200 mètres d’altitude. Les ruisseaux Scurran Burn et Rowantree Burn descendent de la montagne et fournissent l’eau de source utilisée sur le site. Cette implantation place la maison parmi les distilleries du Speyside voisines de Glenfarclas, Aberlour, GlenAllachie et The Glenlivet.
L’histoire commence en 1826, lorsque le fermier Peter McKenzie fonde la distillerie à Whitehouse Farm, dans le contexte de l’Excise Act de 1823. Une inondation majeure détruit entièrement les installations en 1829. John Innes les reconstruit en 1835, à environ un mille de là, dans les dépendances d’une ferme à Lyne of Ruthrie, nom sous lequel la distillerie fonctionne d’abord.
Après une faillite, William Smith reprend le site et lui donne le nom de Benrinnes. David Edward en devient propriétaire en 1864, puis son fils Alexander Edward poursuit le développement de la maison. Il crée la société Benrinnes-Glenlivet et investit également dans Craigellachie, Aultmore et Dailuaine.
Un incendie ravage les installations en 1896 ; la reconstruction s’accompagne d’une modernisation et de l’installation de l’éclairage électrique. Rachetée par John Dewar & Sons en 1922, la distillerie est intégrée à la Distillers Company Limited en 1925, puis passe par United Distillers et UDV avant de rejoindre Diageo. Cette trajectoire explique la place importante de son malt dans les assemblages du groupe, plutôt qu’une présence permanente dans une large gamme sous son propre nom.
Benrinnes produit un single malt à partir d’orge maltée non tourbée. Le maltage a d’abord été réalisé sur place : les aires traditionnelles sont remplacées par des boîtes Saladin en 1955, avant l’arrêt définitif du maltage à la distillerie en 1984. L’orge maltée provient depuis de malteries industrielles de Diageo ; cette étape doit donc être distinguée du brassage, de la fermentation et de la distillation réalisés à Benrinnes.
La cuve de brassage semi-lauter en acier inoxydable reçoit environ 8,5 à 9 tonnes de grist par brassin. Le moût rejoint ensuite huit cuves de fermentation en pin d’Oregon. Les fermentations durent au moins 60 heures et peuvent atteindre 100 heures, avant le passage dans les alambics.
Le parc de distillation réunit deux wash stills de 21 000 litres et quatre spirit stills de 7 000 litres, tous en cuivre et chauffés à la vapeur. Le site passe de trois à six alambics en 1966, puis convertit le chauffage interne aux serpentins à vapeur en 1970. La condensation reste assurée par des serpentins en fonte ou en cuivre immergés dans des cuves d’eau froide extérieures, les worm tubs.
Entre 1974 et 2007, Benrinnes emploie une triple distillation partielle, souvent décrite comme une distillation à 2,5 passages, avec redistillation des feintes faibles et fortes en plusieurs étapes. Depuis 2007, le procédé repose sur une double distillation classique avec les deux wash stills et les quatre spirit stills. Le new make est décrit comme lourd, robuste, riche, soufré, poivré et viandé ; ce profil ne doit toutefois pas être transposé automatiquement à chaque bouteille, car le fût et le degré de sortie changent sa lecture.
La maturation s’effectue dans des fûts de chêne américain ayant contenu du bourbon et dans des fûts de chêne européen ayant contenu du xérès, du porto, du madère ou du vin rouge. Ces possibilités d’élevage concernent les différents embouteillages et ne décrivent pas indistinctement toute la gamme. La production sert majoritairement aux assemblages de Diageo, notamment Johnnie Walker, J&B et Crawford’s 3 Star.
Pour commencer, nous tendons le Benrinnes 15 ans Flora & Fauna : c’est le repère officiel permanent de la distillerie, commercialisé depuis 1991, pour qui veut comprendre son expression classique. Si vous cherchez davantage l’influence d’un fût et la puissance du distillat, un embouteillage indépendant en single cask ou à brut de fût sera plus adapté. La marque Stronachie, utilisée par A.D. Rattray avec du whisky provenant de Benrinnes, rappelle enfin que ce malt peut se trouver derrière une autre étiquette ; les différences d’élevage, de puissance et d’assemblage sont précisément ce qui donne envie de le suivre d’une bouteille à l’autre.
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