À Warrington, dans le Cheshire anglais, G&J Distillers élabore des gins, de la vodka et d’autres spiritueux blancs. Fondée par Thomas Dakin en 1761, la distillerie est historiquement connue sous le nom de G&J Greenall et appartient depuis 2011 au groupe Quintessential Brands.
Le site travaille un alcool neutre de grain issu exclusivement de blé britannique et utilise des alambics à repasse en cuivre. Pour la recette originale Greenall’s, huit botaniques macèrent au minimum huit heures dans l’alambic avant la chauffe : genièvre de Toscane, coriandre du Maroc, agrumes, angélique, iris, réglisse, cassia et amandes amères. La distillerie produit ses marques, mais assure aussi de l’assemblage, de la distillation sous contrat et de l’embouteillage pour des tiers.
L’histoire commence sur Bridge Street, à Warrington, lorsque Thomas Dakin fonde la distillerie en 1760. La distillation débute effectivement en 1761, après de mauvaises récoltes de céréales et l’interdiction temporaire d’utiliser le grain pour produire de l’alcool de bouche. Cette implantation fait de la maison une distillerie britannique ancienne, dont l’activité s’est maintenue au fil de plusieurs changements de nom et de site.
La famille Greenall prend progressivement le contrôle de l’entreprise : Gilbert et John Greenall la louent en 1860, avant son rachat définitif en 1870 sous la direction d’Edward Greenall. La raison sociale G&J Greenall est officialisée en 1894. En 2011, la distillerie rejoint Quintessential Brands, groupe fondé par Enzo Visone et Warren Scott, puis adopte le nom de G&J Distillers en août 2013.
Après Bridge Street, le site de production est transféré à Loushers Lane en 1960. Un incendie majeur y détruit en 2005 le hall d’embouteillage et les archives historiques, mais la salle des alambics est épargnée et la distillation reprend une semaine plus tard. Depuis 2008, le site principal se trouve à Melbury Park, dans le secteur de Clayton Road, Birchwood et Risley, à Warrington.
G&J Distillers n’est pas seulement la distillerie d’une marque. Elle produit notamment Greenall’s The Original London Dry Gin, mais réalise également de l’assemblage, de la distillation sous contrat et de l’embouteillage pour des marques tierces et des marques de distributeurs. La production sous contrat a notamment concerné Bombay Dry, Bombay Sapphire et Bulldog Gin ; une part importante des gins et vodkas de distributeur du marché britannique est aussi fabriquée sur le site.
L’alcool de base utilisé par la maison est un alcool neutre de grain distillé exclusivement à partir de blé britannique. Pour la recette originale Greenall’s, les botaniques séchées sont placées directement dans l’alcool neutre, au sein d’un alambic à repasse en cuivre. Elles macèrent pendant au moins huit heures avant le début de la chauffe.
La recette réunit huit ingrédients : baies de genièvre de Toscane, graines de coriandre du Maroc, racine d’angélique, écorces de citron de Murcie pelées à la main, racine d’iris, racine de réglisse, écorce de cassia et amandes amères d’Espagne. Le distillat est ensuite réduit avec une eau déminéralisée d’origine locale, jusqu’au degré d’embouteillage prévu pour chaque marché, notamment 37,5 % ou 40 % vol.
Chaque référence ne suit toutefois pas exactement le même chemin. Le Berkeley Square Gin repose sur une macération longue et une distillation lente de 48 heures, tandis que le Thomas Dakin Gin est élaboré en petites cuvées avec du raifort, appelé red cole dans la recette. Ces choix sont propres aux gammes concernées et ne doivent pas être étendus à l’ensemble de la production.
La gamme Greenall’s s’appuie sur la recette historique, puis la décline avec des versions comme Wild Berry, Sloe Gin ou Blueberry, ainsi que des liqueurs de gin associant notamment pomme verte, hibiscus, orange sanguine, figue et gingembre. BLOOM, élaboré sous la responsabilité de Joanne Moore, comprend un London Dry Gin et des expressions au jasmin et à la rose ou au citron et à la fleur de sureau.
Avec Opihr, la maison travaille l’idée des routes des épices à travers plusieurs éditions, dont Oriental Spiced, European Edition, Arabian Edition et Far East Edition. Berkeley Square vise une élaboration plus longue, alors que Thomas Dakin met en avant la présence singulière du raifort. Ces différences de botaniques, de durée de distillation et de format de cuvée donnent des portes d’entrée réellement séparées dans le portefeuille de G&J Distillers.
Pour découvrir la maison sans multiplier les détours, nous tendons d’abord Greenall’s The Original London Dry Gin : c’est la référence qui permet de comprendre la recette aux huit botaniques et le travail réalisé à Warrington. Si vous cherchez une expression plus marquée par un ingrédient inhabituel, Thomas Dakin est le choix logique, avec son élaboration en petites cuvées et son recours au raifort.
Berkeley Square Gin s’adresse plutôt à ceux qui veulent observer l’effet d’une macération longue et d’une distillation de 48 heures. Pour une lecture plus orientée vers les épices, Opihr propose plusieurs éditions inspirées des routes commerciales historiques. Nous apprécions cette gamme parce qu’elle montre, bouteille après bouteille, ce que le même site sait faire entre marques propres, recettes spécifiques et production pour des tiers.
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